Aujourd’hui situé en dehors de l’enceinte du catholicossat d’Etchmiadzine, un élégant bâtiment laissé à l’abandon attire l’attention des passants qui s’interrogent sur son histoire et les raisons de cette situation. Parmi ces arméniens inquiets du sort de ce bâtiment, figure Chouchane Hambardzoumian, guide touristique, qui s’exprime avec passion à ce sujet sur son compte facebook. Ci-dessous, son post et notre commentaire. Chaque fois que je vois ce bâtiment, j en ai le cœur brisé … Comment peut-on détester à ce point sa propre histoire ? Ce bâtiment a été construit sur l’ordre de l archevêque Guévorg Sourenyants, alors vicaire catholicossal, puis plus tard Catholicos de tous les Arméniens. La mécène en a été Madame Varvare Kananian, une bienfaitrice du Saint-Siège résidant à Moscou, qui avait fait don de 30 000 roubles au Saint-Siège en mémoire de son fils décédé prématurément. La pose de la première pierre a eu lieu en septembre 1911, à l’occasion de la fête de Saint Guévorg Zoravar [Saint Georges le Guerrier], et l inauguration solennelle s est déroulée en octobre 1913, au moment de la fête des Saints Traducteurs. Conçu par l architecte V. Mirzoyan, il a été construit pour servir à la fois de centre d études et d internat pour les élèves du séminaire Guévorg IV, ainsi que de musée pédagogique. Le 21 décembre 1917, à la suite de la fermeture du séminaire Guévorg IV [Guévorgian djémaran], le catholicossat a temporairement affecté le bâtiment comme lieu de réunion pour les évêques de la congrégation du Saint-Siège et comme salle des séances pour le Synode d Etchmiadzine. C’est cette dernière fonction qui lui a valu son nom actuel de « Bâtiment du Synode ». Dans les années 1920-1921, le bâtiment a été confisqué par les autorités soviétiques. En 2001, par la décision numéro 330 du gouvernement de la République d Arménie en date du 19 avril, il a été restitué au Saint-Siège. Notre commentaire Depuis maintenant 25 ans, ce bâtiment n’a fait l’objet d’aucun entretien, ni tentative de restauration. Situé face à l’entrée principale du catholicossat de tous les Arméniens, on se plait à imaginer qu’il pourrait, par exemple, être transformé en musée des sièges hiérarchiques et des diocèses de l’Église arménienne, ou en une structure d’accueil de colloques et d’expositions. Au cas où le catholicossat ne souhaiterait pas utiliser ce bien qui lui a été restitué, on pourrait imaginer qu’il soit repris par les autorités municipales ou départementales pour être restauré et attribuer à une association culturelle locale. Dans tous les cas, les qualités architecturales et le généreux acte de donation de Madame Varvare Kananian méritent toute notre attention. Irazeg L’architecte Vassili Zurabovitch Mirzoyan (1863–1925), architecte arménien, diplômé de l Institut des ingénieurs civils de Saint-Pétersbourg en 1892, a occupé le poste d’Architecte de la province [gouvernorat] d Erevan de 1893 à 1910, poste depuis lequel il a profondément marqué l urbanisme d avant la révolution, les infrastructures et la conception civique. Parmi ses réalisations les plus connues : la cathédrale russe saint Nicolas (détruite en 1931, située à l’emplacement de l’actuel monument dédié à Stépan Chahoumian), le bâtiment de l’Université d’Etat de la Première République, de très nombreux autres édifices, dont la maison d Arakel Afrikian, un magnifique immeuble du centre de la capitale arménienne détruit lors des grandes opérations « d’urbanisme » de la période Kotcharian. L Université d’État de la Première République La Cathédrale russe saint Nicolas L immeuble Afrikian