Le 6 octobre, Sa Sainteté Garéguine II, Patriarche suprême et Catholicos de tous les Arméniens, a rencontré au Saint-Siège d’Etchmiadzine un groupe d’éminents juristes, défenseurs des droits humains et spécialistes du droit constitutionnel. Au cours de cette rencontre ont été examinées les questions relatives aux relations entre l’Église et l’État ainsi que les initiatives de l’Assemblée nationale concernant l’Église arménienne. Le Catholicos de tous les Arméniens a adressé sa bénédiction et exprimé sa gratitude aux participants pour leur engagement dans la défense des droits de l’Église arménienne. Il a souligné l’importance de leur expertise professionnelle pour définir les voies juridiques permettant de surmonter les difficultés auxquelles l’Église est confrontée. Le professeur Guevorg Danielian, docteur en droit, et l’avocat Ara Zohrabian, docteur en droit, ont ensuite évoqué les initiatives concernant l’Église arménienne, notamment le rapport consacré à l’Église préparé sur instruction du Premier ministre ainsi que la commission d’enquête constituée à ce sujet au sein de l’Assemblée nationale. Des informations ont également été présentées sur l’état d’avancement des procédures pénales concernant l’Église et des membres du clergé, sur les décisions judiciaires rendues ainsi que sur les démarches entreprises pour assurer la protection de leurs droits. Les participants à la consultation ont condamné la création par l’Assemblée nationale d’une commission d’enquête consacrée à l’Église arménienne, estimant qu’elle était manifestement anticonstitutionnelle et constituait une tentative d’ingérence dans la vie interne et l’autonomie de l’Église. Il a été souligné que les questions relatives à la direction de l’Église, à son administration interne et à sa vie canonique ne relèvent pas des compétences de l’Assemblée nationale et ne sauraient faire l’objet d’un contrôle parlementaire. Il a également été relevé que les tentatives visant à instaurer un tel contrôle sont contraires aux principes constitutionnels de séparation de l’Église et de l’État et d’autonomie des organisations religieuses, ainsi qu’aux normes internationales en matière de protection de la liberté religieuse. Des propositions ont été formulées concernant le recours aux mécanismes juridiques nationaux et internationaux pour défendre les droits de l’Église arménienne et des membres du clergé, ainsi que les moyens de surmonter les obstacles qui entravent le fonctionnement normal de l’Église et l’exercice de sa mission spirituelle. En conclusion, le Catholicos de tous les Arméniens a réaffirmé que l’Église arménienne a toujours agi et continue d’agir dans le respect de la loi, et que le Saint-Siège exige que soient garantis la primauté du droit et le respect de la loi ainsi que l’autonomie constitutionnelle de l’Église. Sa Sainteté a souligné l’importance des analyses et propositions formulées par les experts pour résoudre les problèmes actuels et a invoqué l’aide du Seigneur sur l’action menée par les juristes en faveur de la défense de la justice et de la vérité.