Ani Avetissian, 39 ans, grièvement blessée par un militaire azerbaïdjanais, a été opérée le week-end dernier. Selon sa sœur, Arpi Avetissian, Ani risque de perdre sa jambe. En raison de la blessure par balle, l’os de la cuisse aurait été entièrement fracassé, un vaisseau sanguin serait nécrosé et le genou gravement endommagé. Les médecins tentent néanmoins de sauver la jambe de cette mère de trois enfants. Après l’intervention chirurgicale de samedi, l’habitante de Shaki doit encore subir trois opérations complexes. Si tout se déroule bien, les médecins envisageront ensuite une intervention destinée à rallonger sa jambe qui, selon sa sœur, s’est raccourcie de 8 centimètres. Le ministère de la Santé s’est toutefois empressé aujourd’hui de démentir les affirmations de la famille. Sa porte-parole, Mariam Tsatryan, a indiqué à Azatutyun que l’opération d’Avetissian s’était déroulée normalement, que son état postopératoire était jugé stable et que sa vie n’était pas en danger. Selon la porte-parole, les informations communiquées par les proches faisant état d’un risque d’amputation ne correspondent pas à la réalité. Concernant ses enfants, Arpi Avetissian a indiqué que les deux fils d’Ani se trouvaient à Sisian auprès de leur père. Sa fille de 12 ans, profondément traumatisée après l’intrusion de l’Azerbaïdjanais dans leur maison, se trouve actuellement chez sa tante. Déserteur ou agent de reconnaissance ? Le militaire azerbaïdjanais qui a franchi la frontière de l’Arménie et s’est retrouvé dans le village de Shaki, dans le Syunik, était-il seul ou plusieurs hommes se sont-ils infiltrés ? S’agit-il d’un déserteur, comme l’affirme Bakou, ou d’un agent chargé d’une mission de reconnaissance ? Les forces de l’ordre ne fournissent toujours pas de réponses à ces questions. Andranik Kotcharian, député du parti au pouvoir Contrat civil et ancien président de la commission de la Défense du Parlement, n’exclut toutefois pas que Nasimi Moussaev n’ait pas été seul. Plus encore, Kotcharian, qui a dirigé pendant cinq ans la commission de la Défense, reconnaît l’existence de problèmes aux frontières de l’Arménie. « Nous avons un problème concernant nos postes-frontières et il faut le résoudre. Nous sommes confrontés à une situation qui ne doit plus pouvoir se reproduire. Parce que cet homme a passé deux jours non seulement sur notre territoire, mais aussi dans le domicile d’une de nos citoyennes », a déclaré Kotcharian. Interrogé sur la possibilité qu’un autre Azerbaïdjanais ait également été présent, Andranik Kotcharian a répondu : « Tout est possible. C’est pourquoi tous nos services doivent, de manière coordonnée, non seulement enquêter sur cet incident, mais passer toute la zone au peigne fin. Nos frontières présentent actuellement des problèmes auxquels nous devons trouver des solutions, tant en matière d’effectifs que de surveillance. Cela nous permettrait d’agir de manière plus efficace. » L’ancien ministre de la Défense et ancien député d’opposition Seyran Ohanian évoque les mêmes problèmes. Lui non plus n’exclut pas que le militaire azerbaïdjanais ait pu mener une mission de reconnaissance destinée à recueillir des informations sur le dispositif de défense arménien, aussi bien sur la ligne de front que dans les localités situées à l’intérieur du pays. « Il pourrait s’agir non pas d’une infiltration destinée à mener une opération de sabotage, mais d’une infiltration à des fins de reconnaissance, pour étudier le dispositif de défense aussi bien sur la ligne de front qu’en profondeur », a déclaré Ohanian. Quant à savoir comment le militaire azerbaïdjanais a pu parvenir jusqu’à Shaki, Seyran Ohanian a répondu : « Cela n’a pu se produire que parce que la sécurité n’est pas assurée, non seulement sur la ligne de front, mais également en profondeur. » « Le système de défense doit être réorganisé », estime Ohanian Que faut-il faire pour qu’un Azerbaïdjanais armé d’un fusil d’assaut ou d’une mitrailleuse ne puisse plus se retrouver dans une localité arménienne ? Lors d’un précédent incident, en 2023, un Azerbaïdjanais qui s’était infiltré dans la région de Kapan avait tué un gardien du combinat de cuivre et de molybdène. L’ancien ministre de la Défense rappelle qu’à l’époque où existait encore l’Artsakh, un système de défense continu était en place : les espaces non surveillés entre les différentes positions étaient donc très limités. Aujourd’hui, alors que l’Artsakh est sous contrôle azerbaïdjanais, cette défense continue a été remplacée, selon Seyran Ohanian, par une défense organisée autour de points isolés, tandis que les distances séparant les positions se sont considérablement accrues. L’ancien ministre estime qu’il faut en premier lieu réorganiser le système de défense. Les forces armées, en coopération avec les gardes-frontières, doivent fermer l’ensemble des voies d’infiltration possibles. Les dispositifs de vidéosurveillance et les seules tranchées ne suffisent pas. Selon Seyran Ohanian, il faut également résoudre les problèmes liés au service de garde opérationnelle et aux effectifs de l’armée, car ce type d’incident est aussi rendu possible par le manque de personnel. On ignore par ailleurs si le militaire azerbaïdjanais arrêté se trouve dans un centre de détention ou à l’hôpital. Les forces de l’ordre ne communiquent aucune information à ce sujet. Selon les proches de l’habitante de Shaki agressée, le militaire aurait lui-même subi plusieurs blessures au cours de sa lutte avec Ani. Le député Levon Kotcharian, fils du deuxième président arménien Robert Kotcharian, actuellement détenu, s’est interrogé aujourd’hui sur les raisons pour lesquelles les forces de l’ordre n’ont diffusé aucune vidéo montrant l’arrestation de l’Azerbaïdjanais qui avait pris les enfants en otage et tiré sur la femme. Davit Sanamian limogé de son poste de directeur adjoint du Service de sécurité nationale On a appris en début de journée que, sur décision du Premier ministre, le général-major Davit Sanamian avait été relevé de ses fonctions de directeur adjoint du Service de sécurité nationale (NSS). Sanamian avait notamment pour principale responsabilité la coordination et la supervision des troupes frontalières du NSS. Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été donnée permettant de savoir si ce limogeage est directement lié à l’infiltration du militaire azerbaïdjanais jusqu’à Shaki. Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200
5 full-article translations/day — headlines & summaries always free. Create free account for 25/day
Désertion ou infiltration de reconnaissance : dans quel but le militaire azerbaïdjanais s’était-il enfoncé en territoire arménien ? Quel est l’état de santé de la femme blessée ?
Ani Avetissian, 39 ans, grièvement blessée par un militaire azerbaïdjanais, a été opérée le week-end dernier. Selon sa sœur, Arpi Avetissian, Ani risque de perdre sa jambe. En raison de la blessure par balle, l’os de la cuisse aurait été entièrement fracassé, un vaisseau sanguin serait nécrosé et le genou gravement endommagé. Les médecins tentent […] L’article Désertion ou infiltration de reconnaissance : dans quel but le militaire azerbaïdjanais s’était-il enfoncé en territoire arménien ? Quel est l’état de santé de la femme blessée ? est apparu en premier sur Nouvelles d'Arménie en Ligne – Toute l’actualité sur le monde arménien.

Comments
No comments yet — be the first to comment.
More from Nouvelles d'Arménie

L’Inter Milan s’impose sur Parme (3-0), l’Arménien Henrikh Mkhitaryan, passeur décisif
Nouvelles d'Arménie / 11 hours ago

L’exploitation de la mine d’Amulsar devrait générer 130 millions de dollars de recettes fiscales annuelles pour le budget de l’État affirme le ministre arménien de l’Économie
Nouvelles d'Arménie / 11 hours ago

Bourg-lès-Valence : Succès pour l’association Arménia qui proposait des quiz dédiés à l’Arménie
Nouvelles d'Arménie / 12 hours ago

Présentation de « La cuisine des Arméniens » le 14 octobre à la MCA de Paris
Nouvelles d'Arménie / 16 hours ago


