Des poursuites pénales engagées contre 36 personnes Les autorités arméniennes ont mené, le 4 novembre, une vaste opération de perquisitions dans 65 lieux, notamment aux domiciles de l’homme d’affaires Samuel Karapetian, dirigeant du parti d’opposition « Arménie forte », et de son neveu Narek Karapetian, qui préside le groupe parlementaire du même nom. Plusieurs autres résidences et locaux d’entreprises liés à la famille ont également été visés. À l’issue de plusieurs heures de perquisition, Samuel Karapetian a été interpellé et conduit devant le Comité d’enquête. Selon ce dernier, des poursuites pénales ont été engagées contre l’homme d’affaires et 35 autres personnes dans une affaire de préjudice financier présumé de quelque 64,6 milliards de drams au détriment des Réseaux électriques d’Arménie (ENA). Les enquêteurs soupçonnent plusieurs responsables de l’entreprise d’avoir, sous la direction présumée de Samuel Karapetian, abusé de leurs fonctions en contractant des emprunts dépassant les besoins réels de la société, puis en transférant des fonds à ses actionnaires et à des entreprises affiliées. Selon le Comité d’enquête, environ 23,2 milliards de drams auraient ainsi été illégalement soustraits à ENA en 2024 et 2025. Les investigations portent également sur des soupçons de détournement de biens confiés et de blanchiment d’argent. Dans la soirée du 4 novembre, le Comité d’enquête a saisi la justice de demandes de placement en détention provisoire visant neuf personnes, dont Samuel Karapetian. Déjà assigné à résidence dans le cadre d’une autre procédure judiciaire, l’homme d’affaires a rejeté les nouvelles accusations portées contre lui. De son côté, Narek Karapetian a dénoncé des pressions politiques. Le parti « Arménie forte » a établi un lien entre ces opérations et ses désaccords avec le gouvernement sur le projet de réforme constitutionnelle. Selon la formation d’opposition, le Premier ministre Nikol Pachinian chercherait ainsi à obtenir son soutien aux modifications envisagées. Narek Karapetian n’a toutefois pas été arrêté le 4 novembre, aucune demande de placement en détention le concernant n’ayant été présentée. L’enquête préliminaire se poursuit.