Le tribunal de première instance de la région d’Armavir a décidé de mettre fin à la procédure engagée par l’ancien évêque Gevorg Saroyan contre le Saint-Siège d’Etchmiadzine. L’ancien religieux, qui porte depuis sa réduction à l’état laïc son nom civil, Arman Saroyan, a toutefois annoncé qu’il ferait appel de cette décision et poursuivrait jusqu’au bout son combat pour retrouver ses anciennes fonctions. Le différend avait éclaté lorsque le catholicos de tous les Arméniens, Karékine II, avait démis Saroyan de ses fonctions de primat du diocèse de Masyatsotn. Saroyan avait alors saisi la justice pour demander l’annulation de cette décision et sa réintégration. Le tribunal avait, dans un premier temps, ordonné à titre provisoire sa réintégration à la tête du diocèse. Le Saint-Siège avait cependant refusé d’exécuter cette décision, faisant valoir que la nomination et la révocation des titulaires de fonctions ecclésiastiques ne relevaient pas de la compétence des juridictions civiles. Saroyan avait ensuite été réduit à l’état laïc. Le tribunal a désormais retenu l’argumentation juridique défendue par le Saint-Siège. Selon l’avocat Ara Zohrabian, il a confirmé que la nomination et la révocation des primats diocésains relevaient de l’autorité du catholicos de tous les Arméniens et étaient régies par les règles canoniques. Elles ne pouvaient donc faire l’objet d’une procédure civile. Le tribunal a également levé les restrictions provisoires imposées par sa précédente décision, qui empêchaient le Saint-Siège de prendre certaines dispositions concernant le diocèse de Masyatsotn. Saroyan refuse toutefois d’accepter cette décision. Interrogé par Radio Azatutyun, il a déclaré qu’on ne pouvait démettre un primat diocésain de ses fonctions ni le réduire à l’état laïc de cette manière. Il a réaffirmé sa détermination à faire appel et à poursuivre son combat. Ce litige est également lié à la procédure pénale engagée contre le catholicos de tous les Arméniens et six évêques, accusés de ne pas avoir exécuté la précédente décision du tribunal ordonnant la réintégration de Saroyan. La nouvelle décision met fin à la procédure civile. Toutefois, l’appel annoncé par Saroyan et la procédure pénale ouverte pour inexécution de la précédente décision judiciaire signifient que le différend juridique autour du Saint-Siège est encore loin d’être clos.