La commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale arménienne a approuvé, le 21 octobre, le projet de ratification de l’accord-cadre de coopération stratégique avec les États-Unis consacré au projet TRIPP. Adopté par quatre voix contre une, le texte doit encore être examiné en séance plénière. Ce vote constitue une étape dans la procédure de ratification, sans marquer pour autant l’entrée en vigueur de l’accord. Signé en juin 2026, l’accord définit les bases de la coopération entre Erevan et Washington pour la réalisation de la « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales ». Le projet s’inscrit dans la réouverture des communications régionales, notamment entre l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan à travers le territoire arménien. Des procédures jugées trop longues Présent devant les députés, Ararat Mirzoyan a fait part de son impatience devant la durée des démarches nécessaires à la mise en œuvre du projet. Le ministre a assuré que la partie arménienne cherchait à avancer rapidement, tout en reconnaissant que les procédures imposaient leur propre calendrier. Selon ses explications, les États-Unis ont déjà accompli les formalités prévues par leur législation pour permettre l’entrée en vigueur de l’accord. Aucun examen par la Chambre des représentants ou le Sénat américain n’est requis. En Arménie, le texte a franchi l’étape de la Cour constitutionnelle. La procédure parlementaire doit désormais être menée à son terme, avant la signature du président de la République. Dans notre édition du 2 octobre , la possibilité d’une pose de la première pierre au début de l’année 2027. Les réserves exprimées par le ministre sur la longueur des procédures ne constituent pas, à ce stade, l’annonce d’un report de cette échéance. Des infrastructures sur plusieurs itinéraires Les échanges ont également porté sur l’étendue du projet. Interrogé par la députée d’opposition Kristiné Vardanian sur la largeur de TRIPP et sur les quelque 42 kilomètres généralement évoqués dans le sud de l’Arménie, Mirzoyan a expliqué que le projet pouvait comprendre plusieurs infrastructures empruntant des itinéraires distincts. Il a ainsi cité l’exemple d’un gazoduc passant par Kazakh–Idjevan et d’une voie ferrée traversant Meghri. Ces indications illustrent les possibilités envisagées, sans constituer l’annonce de tracés définitifs. Le ministre a également affirmé que la ligne ferroviaire comprendrait des arrêts et contesté l’idée selon laquelle l’accord instaurerait un « régime spécial ». Interrogé sur la compatibilité du projet avec les règles de l’Union économique eurasiatique, Mirzoyan a déclaré ne pas y voir de contradiction. Il a rappelé que l’appartenance à l’organisation n’empêchait pas ses membres d’entretenir des relations commerciales avec leurs voisins. Cette appréciation est celle du gouvernement arménien, alors que les modalités concrètes de mise en œuvre de TRIPP restent au cœur du débat parlementaire.