Au lendemain des violences, pillages et dégradations survenus lors des manifestations massives du 17 octobre dans plusieurs villes françaises, le président Emmanuel Macron s’est adressé à la nation à la télévision, appelant au calme et promettant de sanctionner sévèrement les auteurs d’infractions. Dans son allocution d’une dizaine de minutes, prononcée dans la soirée du 18 octobre, Macron a exprimé sa colère et sa honte face aux scènes observées dans les rues de France. « Rien ne justifie, rien n’explique et rien ne rend ces actes excusables », a déclaré le président, soulignant que ceux qui détruisent et pillent les biens d’autrui devront répondre de leurs actes et réparer les dommages causés. Macron a imputé les violences à des groupes d’extrême gauche et à des éléments délinquants qui les auraient rejoints. Il a toutefois averti qu’il ne fallait pas confondre les casseurs avec les manifestants pacifiques descendus dans la rue pour défendre leurs revendications légitimes. Il a reconnu que le mécontentement social s’était aggravé dans le pays, particulièrement parmi les jeunes. La cherté de la vie, la hausse des prix des carburants, l’état déplorable des établissements scolaires et le manque d’enseignants suscitent de vives préoccupations. « Les jeunes disent que ce n’est pas l’avenir qu’ils veulent. Nous devons écouter ceux qui sont en colère », a souligné Macron. Le président a également promis de venir en aide aux commerçants victimes de pillages et de dégradations. Une réunion d’urgence sous la direction du Premier ministre Sébastien Lecornu est prévue pour évaluer les dommages et déterminer les possibilités d’indemnisation par les assurances et de soutien public. Parallèlement, Macron a demandé aux préfets de prendre, en concertation avec les maires, toutes les mesures nécessaires pour protéger les bâtiments publics et les commerces, quitte à interdire certains rassemblements si nécessaire. Près de 2 400 personnes placées en garde à vue Selon le bilan publié par le ministère français de l’Intérieur dans la soirée du 18 octobre, 2 397 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre des manifestations de la veille. Le nombre de policiers et de gendarmes blessés a atteint 997, dont sept grièvement. Dans plusieurs villes du pays, des centaines de commerces, d’établissements publics et de mairies ont été pris pour cible. Selon une première estimation des organisations professionnelles, environ 1 500 commerces ont subi des dommages d’ampleur variable. Le président ne s’est toutefois pas limité à condamner les casseurs. Il a également demandé que les éventuelles défaillances dans la préparation des forces de l’ordre et la collecte du renseignement soient examinées, afin de déterminer pourquoi les autorités n’avaient pas pu anticiper l’ampleur des violences et réagir à temps. Cette question a déjà eu des conséquences politiques. Le 19 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission, reconnaissant les insuffisances du dispositif de sécurité. Macron l’a toutefois refusée, chargeant le ministre de revoir les méthodes d’intervention des forces de l’ordre. Une promesse de dialogue pour apaiser le mécontentement social Macron a également demandé au gouvernement de réunir autour de la table des négociations les représentants des élèves, des étudiants, des enseignants, des syndicats, des employeurs, des collectivités locales et des formations politiques, afin de rechercher des solutions concrètes à la crise sociale. Ainsi, tout en promettant de faire preuve de fermeté envers les casseurs, le président se voit contraint de reconnaître que le mécontentement exprimé dans les rues de France ne peut être apaisé par les seules mesures de sécurité. Il reste toutefois à savoir quels résultats concrets produiront les concertations annoncées et quelles mesures le gouvernement prendra pour répondre aux revendications de la jeunesse et de la classe ouvrière.