Les proches des militaires portés disparus à la suite de la guerre de 44 jours de 2020 et de l’offensive azerbaïdjanaise de 2023 se sont rendus aujourd’hui à l’Assemblée nationale arménienne. La rencontre avait été organisée par le groupe parlementaire d’opposition « Arménie forte ». « Je vous demanderais de nous présenter les solutions que vous envisagez et de nous expliquer comment nous pouvons vous aider, grâce à nos relations et aux moyens juridiques dont nous disposons. Nos possibilités d’action, tant dans le cadre de notre mandat parlementaire que de nos réseaux de relations, sont à votre entière disposition », a déclaré Narek Karapetian, président du groupe parlementaire. Les familles des disparus ont exprimé leur mécontentement à l’égard des institutions publiques et des organes d’enquête. Qu’a-t-on réussi à établir au cours de toutes ces années ? Aucune information ne leur est communiquée. C’est l’avocate Tatevik Soghoyan, elle-même à la recherche de son oncle maternel, qui a exposé aux députés de l’opposition les difficultés de ces familles, épuisées et désespérées par leurs démarches auprès des responsables de l’État. « La disparition forcée constitue un crime au regard des conventions internationales, qui prévoient de lourdes sanctions. Mais comme notre État s’inscrit dans cette dynamique de recherche de la paix, nous constatons qu’il ne soulève, dans aucune instance internationale, la question des disparitions forcées en tant que crime dont la communauté internationale devrait se saisir », a souligné l’avocate. Tatevik Soghoyan a proposé que les députés de l’opposition cherchent à déterminer, lors de leurs rencontres avec leurs partenaires internationaux, quels recours resteraient possibles si les autorités arméniennes retiraient les requêtes relatives aux disparitions forcées déposées devant la Cour européenne des droits de l’homme. Les parents et les proches pourraient-ils saisir eux-mêmes les juridictions internationales et poursuivre, par leurs propres moyens, les recherches des disparus ? Le projet d’accord de paix arméno-azerbaïdjanais, déjà paraphé, comporte en effet une disposition prévoyant le retrait des recours internationaux engagés par les deux pays l’un contre l’autre. Pour certains disparus, les familles ne disposent dabsolument aucune information : aucun témoignage, aucune identification. Elles souhaitent donc, avec l’aide des députés, engager des recherches ciblées. Les familles ayant perdu des proches lors de l’explosion d’un dépôt de carburant en Artsakh sont elles aussi dans le désarroi. Aucune identification n’a pu être effectuée et aucun document n’a été retrouvé. Elles restent sans nouvelles de 22 personnes. Des Arméniens d’Artsakh ayant fui vers l’Arménie après avoir échappé à l’offensive azerbaïdjanaise étaient également présents à l’Assemblée nationale pour évoquer le sort de leurs fils et de leurs proches. Les parents et les familles des personnes tuées ou disparues sont également confrontés à de nombreuses difficultés sociales, qui demeurent à ce jour sans solution. Ils ont tenté de trouver des réponses à ces problèmes avec les députés du groupe « Arménie forte ». Les Arméniens d’Artsakh souhaitent également pouvoir rapatrier en Arménie les dépouilles de leurs proches enterrés en Artsakh, désormais sous contrôle azerbaïdjanais, afin de procéder à leur exhumation et de leur offrir une nouvelle sépulture en Arménie. Ils avaient enterré leurs proches dans la précipitation, pendant la guerre, et souffrent aujourd’hui de ne pas pouvoir se recueillir sur leurs tombes. La rencontre avec le groupe parlementaire d’opposition a duré plusieurs heures. Les députés ont promis de se saisir des questions soulevées par les familles et de s’adresser aussi bien aux autorités arméniennes compétentes qu’aux instances internationales. De leur côté, les responsables de l’État arménien assurent que la question des disparus figure en permanence à leur ordre du jour et qu’elle fait régulièrement l’objet de discussions avec Bakou. Au total, 206 personnes sont toujours considérées comme disparues à la suite des offensives militaires de 2020 et de 2023. Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200
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« Nous sommes désespérés, aidez-nous » : les familles des disparus et des victimes rencontrent les députés de l’opposition
Les proches des militaires portés disparus à la suite de la guerre de 44 jours de 2020 et de l’offensive azerbaïdjanaise de 2023 se sont rendus aujourd’hui à l’Assemblée nationale arménienne. La rencontre avait été organisée par le groupe parlementaire d’opposition « Arménie forte ». « Je vous demanderais de nous présenter les solutions que […] L’article « Nous sommes désespérés, aidez-nous » : les familles des disparus et des victimes rencontrent les députés de l’opposition est apparu en premier sur Nouvelles d'Arménie en Ligne – Toute l’actualité sur le monde arménien .

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