Arman Tatoyan, ancien médiateur des droits de l’homme, leader du nouveau mouvement d’opposition baptisé « Ailes de l’Unité » et candidat aux législatives, a affirmé le 4 mars en conférence de presse que l’armée azerbaïdjanaise, qui continue d’occuper plus de 200 km2 du territoire arménien, a renforcé ses positions l’été dernier, près des villes frontalières de Vardénis et Djermouk, en prévision du sommet Trump-Aliev-Pachinian organisé le 8 août à Washington. “ Le gouvernement azerbaïdjanais continue de prendre le contrôle de notre pays, de nos territoires souverains, puis il les envahit pour les morceler à nouveau. Voilà le prix que ce gouvernement a fixé pour la paix ”, a-t-il déclaré, images satellites à l’appui.
Le ministre de la Défense, Souren Papikian, a traité Arman Tatoyan de “ menteur ”. Sissak Gabrielian, député du Contrat civil (CC), a lui aussi apporté son démenti. “ Si tel était le cas, vous en auriez entendu parler avant Tatoyan ”, a-t-il souligné, soutenant que les habitants des localités concernées auraient été les premiers à signaler de tels faits.
Il n’empêche qu’au terme de leurs investigations, les journalistes de Civilnet et Factor TV ont constaté que les forces azerbaïdjanaises avaient établi une nouvelle position dans le secteur de Sotk, “ dont une partie se trouve sur le territoire souverain de l’Arménie ”. En outre, Civilnet a vérifié que Bakou avait amélioré les routes menant à ses positions en territoire arménien, mais aussi que des travaux de renforcement avaient été menés sur deux autres positions situées dans le secteur de Djermouk, en territoire occupé.
Dès lors, les accusations de mensonge proférées par le pouvoir, qui assure que la question des territoires occupés sera résolue par la démarcation de la frontière arméno-azerbaïdjanaise, perdent de leur crédibilité. Et ce, d’autant plus que l’appel lancé aux autorités, par l’équipe d’Arman Tatoyan, à réfuter ses affirmations “ par des faits concrets ”, n’a reçu comme seul écho que la proposition d’une députée du CC, Lilit Minassian, d’adopter une loi visant à interdire aux journalistes d’aborder le sujet ! Un point sur lequel le ministre de la Défense s’est dit “ prêt à collaborer ”.