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Genocide Remembrance

Armenia faces the dilemma of the Genocide: between historical recognition and geopolitical imperatives

L'Arménie face au dilemme du Génocide : entre reconnaissance historique et impératifs géopolitiques

Under the presidencies of Robert Kocharyan and Serzh Sargsyan, Armenia made international recognition of the 1915 Genocide a cornerstone of its foreign policy and national identity. However, under Nikol Pashinyan, and especially since the 2020 defeat, a major shift has occurred: the Armenian state has gradually abandoned this cause in favor of normalizing relations with Turkey and Azerbaijan. This evolution raises fundamental questions about the nature of the Armenian state, its relationship to history, and its geopolitical future.

Sous les présidences de Robert Kotcharian et de Serge Sarksian l’Arménie a fait de la reconnaissance internationale du Génocide de 1915 un pilier de sa politique étrangère et de son identité nationale. Pourtant, sous la direction de Nikol Pachinian, et surtout depuis la défaite de 2020, une rupture majeure s'est opérée : l'État arménien a progressivement délaissé cette cause au profit d'une normalisation des relations avec la Turquie et l'Azerbaïdjan. Cette évolution soulève des questions fondamentales sur la nature de l'État arménien, son rapport à l'histoire et son avenir géopolitique.

The shift initiated by Nikol Pashinyan marks a radical transformation of the state's discourse. During the commemoration of April 24, 2025, the Prime Minister declared to the Turkish media that recognition of the Genocide was no longer a priority for Armenia. This position, unthinkable a few years ago, reflects what Pashinyan calls the “psychology of real Armenia.” In his April 2024 speech, he spoke of abandoning the quest for a “lost homeland,” asserting that “the promised lands” are now present-day Armenia. This rhetoric reflects geopolitical pragmatism: after military defeats against Azerbaijan in 2020 and 2023, which resulted in the loss of Artsakh and the exodus of over 100,000 Armenians, Yerevan is seeking to break out of its regional isolation. Foreign Minister Ararat Mirzoyan confirmed in October 2024 that promoting the 1915 Genocide was no longer a priority of Armenian foreign policy. This reorientation is accompanied by significant educational reforms: in July 2024, the government decided to teach the “History of Armenia” rather than “Armenian History,” emphasizing the modern state rather than the evocation of lost territories. Nevertheless, this approach has not been without internal controversy. During the commemoration of 20

Le tournant opéré par Nikol Pachinian marque une transformation radicale du discours d'État. Lors de la commémoration du 24 Avril 2025, le Premier ministre a déclaré aux médias turcs que la reconnaissance du Génocide n'était plus une priorité pour l'Arménie. Cette position, impensable il y a quelques années, s'inscrit dans ce que Pachinian appelle la “ psychologie de l'Arménie réelle ”. Dans son discours d'avril 2024, il a évoqué l'abandon de la quête d'une “ patrie perdue ”, affirmant que “ les terres promises ” sont désormais l'Arménie actuelle. Cette rhétorique témoigne d'un pragmatisme géopolitique : après les défaites militaires face à l'Azerbaïdjan en 2020 et 2023, qui ont abouti à la perte de l’Artsakh et à l'exode de plus de 100 000 Arméniens, Erevan cherche à sortir de son isolement régional. Le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a confirmé en octobre 2024 que la promotion du Génocide de 1915 ne figurait plus parmi les priorités de la politique étrangère arménienne. Cette réorientation s'accompagne de réformes éducatives significatives : en juillet 2024, le gouvernement a décidé d'enseigner l’“ Histoire de l'Arménie ” plutôt que l’“ Histoire arménienne ”, mettant l'accent sur l'État moderne plutôt que sur l’évocation des territoires perdus. Néanmoins, cette approche ne va pas sans susciter des controverses internes. Lors de la commémoration de 20

Armenia faces the dilemma of the Genocide: between historical recognition and geopolitical imperatives

<div data-rss-type="text"><h3><span>Under the presidencies of Robert Kocharyan and Serge Sarksian, Armenia made international recognition of the 1915 Genocide a cornerstone of its foreign policy and national identity.

<div data-rss-type="text"> <h3> <span> Sous les présidences de Robert Kotcharian et de Serge Sarksian l’Arménie a fait de la reconnaissance internationale du Génocide de 1915 un pilier de sa politique étrangère et de son identité nationale.

However, under Nikol Pashinyan, and especially since the 2020 defeat, a major shift has occurred: the Armenian state has progressively abandoned this cause in favor of normalizing relations with Turkey and Azerbaijan.

Pourtant, sous la direction de Nikol Pachinian, et surtout depuis la défaite de 2020, une rupture majeure s'est opérée : l'État arménien a progressivement délaissé cette cause au profit d'une normalisation des relations avec la Turquie et l'Azerbaïdjan.

This evolution raises fundamental questions about the nature of the Armenian state, its relationship to history, and its geopolitical

Cette évolution soulève des questions fondamentales sur la nature de l'État arménien, son rapport à l'histoire et son avenir géopolitique.

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jpg"/></div><div data-rss-type="text"><p> <span>The shift initiated by Nikol Pashinyan marks a radical transformation of state discourse.

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During the commemoration of April 24, 2025, the Prime Minister declared to Turkish media that recognition of the Genocide was no longer a priority for Armenia.

Lors de la commémoration du 24 Avril 2025, le Premier ministre a déclaré aux médias turcs que la reconnaissance du Génocide n'était plus une priorité pour l'Arménie.

This position, unthinkable just a few years ago, reflects what Pashinyan calls the “psychology of real Armenia.”

Cette position, impensable il y a quelques années, s'inscrit dans ce que Pachinian appelle la “ psychologie de l'Arménie réelle ”.

In his April 2024 speech, he spoke of abandoning the quest for a “lost homeland,” asserting that “the promised lands” are now present-day Armenia.

Dans son discours d'avril 2024, il a évoqué l'abandon de la quête d'une “ patrie perdue ”, affirmant que “ les terres promises ” sont désormais l'Arménie actuelle.

This rhetoric demonstrates geopolitical pragmatism: after military defeats against Azerbaijan in 2020 and 2023, which resulted in the loss of Artsakh and the exodus of over 100,000 Armenians, Yerevan is seeking to break out of its regional isolation.

Cette rhétorique témoigne d'un pragmatisme géopolitique : après les défaites militaires face à l'Azerbaïdjan en 2020 et 2023, qui ont abouti à la perte de l’Artsakh et à l'exode de plus de 100 000 Arméniens, Erevan cherche à sortir de son isolement régional.

Foreign Minister Ararat Mirzoyan confirmed in October 2024 that promoting the 1915 Genocide was no longer a priority of Armenian foreign policy.

Le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a confirmé en octobre 2024 que la promotion du Génocide de 1915 ne figurait plus parmi les priorités de la politique étrangère arménienne.

This shift was accompanied by significant educational reforms: in July 2024, the government decided to teach “Armenian History” rather than “Armenian History,” emphasizing the modern state rather than the lost territories.

Cette réorientation s'accompagne de réformes éducatives significatives : en juillet 2024, le gouvernement a décidé d'enseigner l’“ Histoire de l'Arménie ” plutôt que l’“ Histoire arménienne ”, mettant l'accent sur l'État moderne plutôt que sur l’évocation des territoires perdus.

However, this approach has not been without its internal controversies.

Néanmoins, cette approche ne va pas sans susciter des controverses internes.

During the 2025 commemoration, the lack of major official events and Pashinyan&#39;s statement provoked incomprehension and anger among a significant portion of the population, dismayed to see the Prime Minister and his inner circle echoing Turkish denialist narratives and betraying the memory of the Genocide

Lors de la commémoration de 2025, l'absence de grands événements officiels et la déclaration de Pachinian ont suscité l'incompréhension et la colère d'une part importante de la population, consternée de voir le Premier ministre et sa garde rapprochée reproduire les narratifs négationnistes turcs et de trahir la mémoire des victimes du Génocide.

</span></p><p><br/></p><p> <strong>A fractured Armenian world</strong></p><p> <span>Faced with Yerevan&#39;s normalization efforts with Turkey and Azerbaijan, Armenian historians and intellectuals offer profoundly contrasting interpretations, revealing a fracture that runs through the entire Armenian transnational.

</span> </p> <p> <br/> </p> <p> <strong> Un monde arménien fracturé </strong> </p> <p> <span> Face à la normalisation engagée par Erevan avec la Turquie et l'Azerbaïdjan, les historiens et intellectuels arméniens proposent des lectures profondément contrastées, révélant une fracture qui traverse toute la transnation arménienne.

Gérard Libaridian, a historian of the Diaspora and former advisor to President Levon Ter-Petrossian (1991-1997), embodies the most pragmatic view of this issue.

Gérard Libaridian, historien de la Diaspora et ancien conseiller du président Lévon Ter-Pétrossian (1991-1997), incarne la vision la plus pragmatique de cette question.

A respected intellectual figure for his work on modern Armenian nationalism, Libaridian has long advocated a realistic approach to Armenian-Turkish relations, based on the imperatives of state survival rather than on demands related to historical memory.

Figure intellectuelle respectée pour ses travaux sur le nationalisme arménien moderne, Libaridian a longtemps plaidé pour une approche réaliste des relations arméno-turques, fondée sur les impératifs de survie étatique plutôt que sur les exigences mémorielles.

In his recent pronouncements, notably his widely broadcast television interview of November 2025, he defends with unsettling candor the idea that normalization with Turkey and Azerbaijan constitutes an existential necessity for Armenia.

Dans ses récentes interventions, notamment son entretien télévisé largement diffusé de novembre 2025, il défend avec une franchise dérangeante l'idée que la normalisation avec la Turquie et l'Azerbaïdjan constitue une nécessité existentielle pour l'Arménie.

According to him, Turkey has no direct dispute regarding the existence of an independent Armenia, and the claims that Ankara seeks to “annihilate” Armenia lack evidence.

Selon lui, la Turquie n'a pas de contentieux direct avec l'existence d'une Arménie indépendante, et les hypothèses selon lesquelles Ankara chercherait à “ anéantir ” l'Arménie manquent de preuves.

This assertion, which seems to ignore the context of the economic blockade imposed by Turkey since 1993 and its military support for Azerbaijan during the Nagorno-Karabakh wars, has provoked outrage among some members of the Armenian community.

Cette affirmation, qui semble ignorer le contexte du blocus économique imposé par la Turquie depuis 1993 et son soutien militaire à l'Azerbaïdjan lors des guerres du Karabagh, a suscité l'indignation d'une partie de la communauté arménienne.

Libaridian insists on the fundamental distinction between symbols and political imperatives: “We have been sacrificing ourselves for symbols for two centuries.

Libaridian insiste sur la distinction fondamentale entre symboles et impératifs politiques : “ Nous nous sacrifions pour des symboles depuis deux siècles.

Enough is enough.”

C'est assez ”.

Mount Ararat, the quintessential national symbol visible from Yerevan but located on Turkish territory, should, in his view, remain a cultural icon and not constitute a territorial casus belli.

Le mont Ararat, symbole national par excellence visible depuis Erevan mais situé en territoire turc, doit selon lui rester une icône culturelle sans constituer un casus belli territorial.

This position echoes the one he defended in the 1990s: for Libaridian, a state&#39;s priority is not to preserve an identity frozen in trauma, but to concretely protect the lives, security, and prosperity of its citizens.

Cette position résonne avec celle qu'il défendait déjà dans les années 1990 : pour Libaridian, la priorité d'un État n'est pas de préserver une identité figée dans le trauma, mais de protéger concrètement la vie, la sécurité et la prospérité de ses citoyens.

He sees the current peace process as an “unprecedented window of opportunity” since independence—a chance it would be criminal to squander in the name of memory.

Il voit dans le processus de paix actuel une “ fenêtre d'opportunité inédite ” depuis l'indépendance – une chance qu'il serait criminel de gaspiller au nom de la mémoire.

This pragmatic approach resonates in France with other intellectuals, notably Michel Marian and Gaïdz Minassian, who advocate for what could be called a “transcendence of memory.”

Cette ligne pragmatiste trouve des échos en France chez d'autres intellectuels, notamment Michel Marian et Gaïdz Minassian, qui plaident pour ce qu'on pourrait appeler un « dépassement mémoriel ».

Marian argues that Armenians, while legitimately demanding recognition of the Genocide, cannot build their future solely on the foundation of trauma.

Marian défend l'idée que les Arméniens, tout en exigeant légitimement la reconnaissance du Génocide, ne peuvent construire leur avenir sur le seul socle du trauma.

This approach, which aims to break free from what he considers a “memory prison,” emphasizes the need for Armenia to develop normal relations with its neighbors.

Cette approche, qui vise à sortir de ce qu'il considère comme une “ prison mémorielle ”, insiste sur la nécessité pour l'Arménie de développer des relations normales avec ses voisins.

This sentiment is echoed by Gaïdz Minassian, a journalist at Le Monde and former ARF activist who later became its fiercest critic: namely, to free oneself from memory, to emancipate oneself from processes of domination, and to become the subject of one&#39;s own destiny.

Un propos auquel se fait écho le journaliste au Monde et ancien militant de la FRA, avant de se muer en son détracteur farouche, Gaïdz Minassian, à savoir, s'affranchir de la mémoire, s'émanciper des processus de domination et devenir le sujet de son propre destin.

For Minassian, Armenian national identity cannot be built solely on the genocide.

Pour Minassian, l'identité nationale arménienne ne peut pas se construire à partir du seul génocide.

He calls on Armenians to move beyond a purely “memorial” existence and return to a living history, oriented toward the future rather than frozen in the past.

Il appelle les Arméniens à sortir d'une existence purement “ mémorielle ” pour revenir à une histoire vivante, orientée vers l'avenir plutôt que figée dans le passé.

The idea may seem appealing, but for it to materialize, the Armenian state would first need to offer a unifying narrative to the driving forces of a diaspora searching for meaning, which is absolutely not the case today.

L’idée peut paraître séduisante, mais pour qu’elle se matérialise, encore faudrait-il que l’État arménien puisse proposer un récit fédérateur aux forces vives d’une diaspora en quête de sens, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui.

Opposing them are guardians of memory who have chosen to resist through their work.

Face à eux, il existe des gardiens de la mémoire qui ont choisi de résister au travers de leurs travaux.

The historian Raymond Kévorkian is one of them.

L’historien Raymond Kévorkian est de ceux-là.

Opposed to any form of “relativization,” which would open the door wide to revisionism, Kévorkian offers not only a comprehensive history of the genocide, but also its geography, region by region.

Opposé à toute forme de « relativisation », qui ouvrirait grand la porte sur le révisionnisme, Kévorkian propose non seulement une histoire exhaustive du génocide, mais aussi sa géographie, région par région.

In his latest work, *Completing a Genocide: Mustafa Kemal and the Elimination of Armenian and Greek Survivors (1918-1922)* (2023), he irrefutably establishes the continuity of the genocidal process under Mustafa Kemal and concludes that contemporary Turkey can only be understood in light of the legacy of the early leaders of the Republic of Turkey.

Dans son dernier ouvrage, Parachever un génocide : Mustafa Kemal et l'élimination des rescapés arméniens et grecs (1918-1922) (2023), il établit de manière irréfutable la continuité du processus génocidaire sous Mustafa Kemal, et conclut que la Turquie contemporaine ne peut être comprise qu’à la lumière de l’héritage des premiers dirigeants de la République de Turquie.

His rigorous scholarly approach is accompanied by a clear political stance: historical work is not merely academic; it constitutes an act of resistance against Ankara&#39;s state-sponsored denialism.

Son approche scientifique rigoureuse s’accompagne d’une position politique claire : le travail historique n’est pas seulement académique, il constitue un acte de résistance contre le négationnisme d’Etat d’Ankara.

This is where the deepest fault line lies.

C'est ici que se situe la ligne de fracture la plus profonde.

For defenders of historical memory, the pragmatists&#39; discourse is not simply a strategic disagreement, but a moral capitulation that undermines the long-term work carried out by activists and researchers.

Pour les défenseurs de la mémoire, le discours des pragmatistes ne relève pas simplement d'un désaccord stratégique, mais d'une capitulation morale qui sape le travail de longue haleine accompli par les militants et les chercheurs.

This tension manifests itself in several ways.

Cette tension se manifeste de plusieurs manières.

Since the 1980s, Armenian activists have worked tirelessly to secure recognition of the Genocide by national parliaments.

Depuis les années 1980, des militants arméniens ont œuvré sans relâche pour obtenir la reconnaissance du Génocide par les parlements nationaux.

To date, thirty-three countries have officially recognized the Armenian Genocide.

À ce jour, trente-trois pays ont officiellement reconnu le Génocide arménien.

For critics of pragmatism, the discourse of “memory transcendence” weakens this momentum by suggesting that this recognition, while important, should no longer be a political priority.

Pour les critiques du pragmatisme, le discours de « dépassement mémoriel » affaiblit cette dynamique en suggérant que cette reconnaissance, bien qu'importante, ne devrait plus être une priorité politique.

Furthermore, the meticulous work of historians like Kevorkian, who have spent decades in the archives establishing the factual truth of the Genocide, risks being perceived as an obsession with the past rather than a scientific and ethical necessity.

Ensuite, le travail minutieux d'historiens comme Kévorkian, qui ont passé des décennies dans les archives pour établir la vérité factuelle du Génocide, risque d'être perçu comme une obsession du passé plutôt que comme une nécessité scientifique et éthique.

When Minassian speaks of “freeing oneself from memory,” his critics see it as an implicit devaluation of this fundamental historical work.

Lorsque Minassian parle de “ s'affranchir de la mémoire ”, ses critiques y voient une dévaluation implicite de ce travail historique fondamental.

Moreover, opponents of pragmatism might accuse the supporters or useful idiots of the Pashinyan regime of aligning themselves, out of opportunism or naiveté, with the official narrative, which they claim is engaged in a revisionist drift.

En outre, les adversaires du pragmatisme pourraient accuser les soutiens ou les idiots utiles du régime de Pachinian de s’aligner, par opportunisme ou naïveté, sur le discours officiel, qui serait engagé dans une dérive révisionniste.

Rather than uniting the Armenian transnational—this global community that transcends national borders—this discourse divides it by posing an implicit ultimatum: “With us or against us.”

Plutôt que de fédérer la transnation arménienne – cette communauté mondiale qui transcende les frontières étatiques – , ce discours la divise en posant un ultimatum implicite : « Avec nous ou contre nous ».

Finally, the harshest critics denounce a “fluid” relativism that, under the guise of pragmatism, downplays the importance of the Genocide in Armenian identity and politics.

Enfin, les critiques les plus sévères dénoncent un relativisme “ gazeux ” qui, sous couvert de pragmatisme, relativise l'importance du Génocide dans l'identité et la politique arméniennes.

This relativism is all the more problematic as it occurs at the very moment when Turkish denialism is becoming more sophisticated and when certain Western academic circles, influenced by geopolitical interests, are attempting to minimize or “complicate” the reality of the

Ce relativisme serait d'autant plus problématique qu'il intervient au moment même où le négationnisme turc se sophistique et où certains cercles académiques occidentaux, influencés par des intérêts géopolitiques, tentent de minimiser ou de « complexifier » la réalité du Génocide.

</span></p><p><br/></p><p> <strong>The fundamental question: peace without

</span> </p> <p> <br/> </p> <p> <strong> La question fondamentale : paix sans mémoire ?

</strong></p><p> <span><span>This polarization between pragmatists and defenders of an uncompromising historical narrative reveals a profound philosophical and political tension that extends far beyond the Armenian case: can lasting peace be built by &quot;normalizing&quot; relations without prior recognition of the Genocide?

</strong> </p> <p> <span> <span> Cette polarisation entre pragmatistes et défenseurs d'une ligne mémorielle intransigeante révèle une tension philosophique et politique profonde, qui dépasse largement le cas arménien : peut-on construire une paix durable en « normalisant » les relations sans reconnaissance préalable du Génocide ?

Or does such recognition remain a prerequisite for any genuine reconciliation?

Ou bien cette reconnaissance reste-t-elle une condition sine qua non de toute réconciliation authentique ?

For pragmatists like Libaridian, the answer is clear: the survival of the Armenian state takes precedence over historical justice.

Pour les pragmatistes comme Libaridian, la réponse est claire : la survie de l'État arménien prime sur la justice historique.

In a hostile geopolitical environment, with a fragile economy and a declining population, Armenia cannot afford to wait for Turkey to recognize the Genocide—which may never happen.

Dans un environnement géopolitique hostile, avec une économie fragile et une population en déclin, l'Arménie n'a pas le luxe d'attendre que la Turquie reconnaisse le Génocide – ce qui pourrait ne jamais arriver.

Peace and prosperity must be built now, with neighbors as they are, not as one would like them to be.

La paix et la prospérité doivent être construites maintenant, avec les voisins tels qu'ils sont, non tels qu'on voudrait qu'ils soient.

For those who champion historical memory, this position is a twofold error, both moral and strategic.

Pour les défenseurs de la mémoire, cette position relève d'une double erreur, à la fois morale et stratégique.

Moral, because it amounts to accepting impunity: if a genocide can be committed, denied for a century, and ultimately &quot;forgotten&quot; in the name of realpolitik, what message does this send to present and future perpetrators?

Morale, parce qu'elle équivaut à accepter l'impunité : si un génocide peut être commis, nié pendant un siècle, et finalement « oublié » au nom de la realpolitik, quel message envoie-t-on aux bourreaux présents et futurs ?

Strategic, because a peace built on forgetting and denial cannot be lasting: without acknowledging the past, the same ideological mechanisms that made the Genocide possible remain in place, ready to resurface during the next crisis.

Stratégique, parce qu'une paix construite sur l'oubli et le déni ne peut être durable : sans reconnaissance du passé, les mêmes mécanismes idéologiques qui ont rendu le Génocide possible demeurent en place, prêts à ressurgir lors de la prochaine crise.

This polarization highlights a tragic dilemma: between the pragmatic necessity of living and the moral necessity of not forgetting, Armenians must choose.

Cette polarisation met en lumière un dilemme tragique : entre la nécessité pragmatique de vivre et la nécessité morale de ne pas oublier, les Arméniens doivent choisir.

Or rather, they are condemned to seek an impossible balance between these two equally legitimate imperatives.

Ou plutôt, ils sont condamnés à chercher un équilibre impossible entre ces deux impératifs également légitimes.

And in this search for balance, the Armenian transnational risks fracturing further, not only between Armenia and the diaspora, but between those who choose life and those who choose memory—as if these two choices were mutually exclusive.

Et dans cette recherche d'équilibre, la transnation arménienne risque de se fracturer davantage, non pas seulement entre Arménie et diaspora, mais entre ceux qui choisissent la vie et ceux qui choisissent la mémoire – comme si ces deux choix étaient mutuellement exclusifs.

In other words, the question is whether, by abandoning the Armenian cause and the demand for justice and reparations, we encourage impunity and the continuation of the crime by deluding ourselves with the illusory securing of a bloodless and devitalized

En d’autres termes, il s’agirait de savoir si en renonçant à la Cause arménienne, à la demande de justice et de réparation, on encourage l’impunité et la poursuite du crime en se leurrant sur l’illusoire sécurisation d’une Arménie exsangue et dévitalisée.

</span></span></p><p><br/></p><p> <strong>Two scenarios for Armenia: with or without a

</span> </span> </p> <p> <br/> </p> <p> <strong> Deux scénarios pour l'Arménie : avec ou sans État ?

</strong></p><p> <span>Faced with the geopolitical constraints imposed by pan-Turkism and the Turkish-Azerbaijani alliance, two scenarios are emerging for the future of the Armenian

</strong> </p> <p> <span> Face aux contraintes géopolitiques imposées par le panturquisme et l'alliance turco-azerbaïdjanaise, deux scénarios se dessinent pour l'avenir de la Cause arménienne.

</span></p><p> <span>The first scenario assumes the continued presence of the Armenian state as a central actor, but within a constrained geopolitical framework.

</span> </p> <p> <span> Le premier scénario suppose le maintien de l'État arménien comme acteur central, mais dans un cadre géopolitique contraint.

Armenia could pursue normalization with its neighbors by agreeing to relegate the issue of the Genocide to the background of its diplomacy.

L'Arménie pourrait poursuivre la normalisation avec ses voisins en acceptant de reléguer la question du Génocide à l'arrière-plan de sa diplomatie.

This strategy relies on opening economic corridors (such as the proposed &quot;Trump Route&quot;), diversifying international partnerships (with India, China, and Western countries), and integrating into regional trade networks.

Cette stratégie mise sur l'ouverture de corridors économiques (comme le projet de « route Trump »), la diversification des partenariats internationaux (Inde, Chine, pays occidentaux), et l'intégration dans des réseaux commerciaux régionaux.

The potential advantages are clear: breaking isolation, economic development, border security, and a reduced risk of new wars.

Les avantages potentiels sont évidents : sortie de l'isolement, développement économique, sécurisation des frontières, réduction du risque de nouvelles guerres.

The internationalization of trade routes would constitute a guarantee in itself, as their closure would harm the interests of many states.

L'internationalisation des routes commerciales constituerait une garantie en elle-même, car leur fermeture heurterait les intérêts de nombreux États.

However, the limitations of this scenario are equally evident.

Cependant, les limites de ce scénario sont tout aussi manifestes.

The concessions demanded by Baku and Ankara seem endless: recognition of sovereignty over Nagorno-Karabakh, abandonment of symbolic territorial claims, weakening of the Armenian Apostolic Church (perceived as an obstacle to normalization), and now a revision of the historical narrative surrounding 1915.

Les concessions exigées par Bakou et Ankara semblent sans fin : reconnaissance de souveraineté sur le Karabagh, abandon des revendications territoriales symboliques, affaiblissement de l'Église apostolique arménienne (perçue comme un obstacle à la normalisation), et désormais révision du narratif historique sur 1915.

The question then becomes: how far can compromises be taken without losing the very essence of Armenian identity?

La question devient alors : jusqu'où peut-on aller dans les compromis sans perdre la substance même de l'identité arménienne ?

The risk is that of an &quot;Armenianness&quot; emptied of its historical content, reduced to an administrative existence within a small territory, deprived of its collective memory and founding symbols.

Le risque est celui d'une « arménité » vidée de son contenu historique, réduite à une existence administrative sur un territoire exigu, privée de sa mémoire collective et de ses symboles fondateurs.

This scenario could lead to a form of soft assimilation, where the Armenian state would formally persist, but without the capacity to champion a coherent national project.

Ce scénario pourrait conduire à une forme d'assimilation douce, où l'État arménien perdurerait formellement, mais sans la capacité de porter un projet national cohérent.

The second scenario envisions a configuration where the weakened, even &quot;delegitimized,&quot; Armenian state would no longer be able to champion the Armenian cause alone.

Le second scénario envisage une configuration où l'État arménien affaibli, voire « délégitimé », ne serait plus en mesure de porter seul la Cause arménienne.

This return to a &quot;stateless&quot; situation, comparable to the Soviet era (when Armenia was a republic without real sovereignty), would entrust the Diaspora with the primary role in defending the Armenian cause.

Ce retour à une situation « sans État », comparable à l'époque soviétique (où l'Arménie était une république sans souveraineté réelle), confierait à la Diaspora le rôle principal dans la défense de la Cause arménienne.

Paradoxically, this configuration presents certain advantages.

Paradoxalement, cette configuration présente certains avantages.

The Diaspora, with its influential communities in France, the United States, Argentina, and elsewhere, enjoys a freedom of action that the Armenian state no longer possesses.

La Diaspora, forte de ses communautés influentes en France, aux États-Unis, en Argentine et ailleurs, dispose d'une liberté d'action que l'État arménien n'a plus.

It can maintain pressure for recognition of the Genocide without the diplomatic constraints that weigh on Yerevan.

Elle peut maintenir la pression pour la reconnaissance du Génocide sans les contraintes diplomatiques qui pèsent sur Erevan.

Diaspora organizations have played a crucial role in the recognitions obtained by 34 countries to date.

Les organisations diasporiques ont joué un rôle crucial dans les reconnaissances obtenues par 34 pays à ce jour.

They can continue this legal, memorial, and cultural struggle without fear of economic or military reprisals.

Elles peuvent continuer ce combat juridique, mémoriel et culturel sans craindre de représailles économiques ou militaires.

However, this scenario also carries major risks.

Toutefois, ce scénario comporte aussi des risques majeurs.

Without a state to embody the Armenian nation and physically protect a territory, the Diaspora risks gradually dissolving.

Sans un État pour incarner la nation arménienne et protéger physiquement un territoire, la Diaspora risque de se diluer progressivement.

As Libaridian points out in his analyses of the Diaspora, it is “a living and evolving phenomenon,” but also vulnerable to assimilation.

Comme le souligne Libaridian dans ses analyses sur la Diaspora, celle-ci est “ un phénomène vivant et en développement ”, mais aussi vulnérable à l'assimilation.

Once-flourishing Armenian communities have virtually disappeared.

Des communautés arméniennes autrefois florissantes ont quasiment disparu.

Preserving Armenian identity requires institutions, a living language, and a transmitted culture—elements that only a state can guarantee sustainably.

La préservation de l'identité arménienne nécessite des institutions, une langue vivante, une culture transmise – éléments que seul un État peut garantir durablement.

Moreover, a weakened or nonexistent Armenian state would leave the field open to Turkish and Azerbaijani pressure to erase Armenian memory in Eastern Anatolia and Nagorno-Karabakh.

De plus, un État arménien affaibli ou inexistant laisserait le champ libre aux pressions turques et azerbaïdjanaises pour effacer la mémoire arménienne en Anatolie orientale et au Karabagh.

The destruction of cultural heritage observed after the 2020 war illustrates this threat.

Les destructions de patrimoine culturel observées après la guerre de 2020 illustrent cette menace.

Without a state presence, the Armenian cause risks becoming an abstract one, detached from territorial and demographic

Sans présence étatique, la Cause arménienne risquerait de devenir une cause abstraite, détachée d'une réalité territoriale et démographique.

</span></p><p><br/></p><p> <strong>Genocide as a symptom of the nature of the State</strong></p><p> <span>Beyond the issues of memory and diplomacy, the question of the 1915 Genocide remains profoundly revealing of the very nature of the Armenian state.

</span> </p> <p> <br/> </p> <p> <strong> Le Génocide comme symptôme de la nature de l'État </strong> </p> <p> <span> Au-delà des enjeux mémoriels et diplomatiques, la question du Génocide de 1915 demeure profondément révélatrice de la nature même de l'État arménien.

Can a state that renounces defending the memory of the Genocide, that accepts relegating this foundational chapter to the background, still claim to embody the continuity of the Armenian nation?

Un État qui renonce à défendre la mémoire du Génocide, qui accepte de reléguer ce chapitre fondateur au second plan, peut-il encore prétendre incarner la continuité de la nation arménienne ?

For Pashinyan&#39;s critics, the answer is clearly no.

Pour les critiques de Pachinian, la réponse est clairement négative.

They see in this evolution a betrayal, a capitulation to external pressures, even a form of collaboration with the states responsible for April 24, 1915.

Ils voient dans cette évolution une trahison, une capitulation face aux pressions extérieures, voire une forme de collaboration avec les États responsables du 24-Avril-1915.

This date is not merely a historical event to be commemorated: it structures modern Armenian identity, explains the dispersal of the Diaspora, and justifies the very existence of an Armenian state as a refuge for a persecuted people.

Cette date n’est pas seulement un événement historique à commémorer : elle structure l'identité arménienne moderne, explique la dispersion de la Diaspora, justifie l'existence même d'un État arménien comme refuge pour un peuple persécuté.

Conversely, proponents of a pragmatic approach believe that the Armenian state must first and foremost guarantee the survival and prosperity of its citizens.

À l'inverse, les défenseurs d'une approche pragmatique estiment que l'État arménien doit avant tout garantir la survie et la prospérité de ses citoyens.

They emphasize that the insistence on recognizing the Genocide, while morally legitimate, has trapped Armenia in dangerous isolation.

Ils soulignent que l'insistance sur la reconnaissance du Génocide, si elle est légitime moralement, a enfermé l'Arménie dans un isolement dangereux.

They recall that the Republic of Armenia from 1918 to 1920 (the First Republic) attempted to negotiate with Kemalist Turkey before being crushed.

Ils rappellent que la République d'Arménie de 1918 à 1920 (Première République) avait tenté de négocier avec la Turquie kémaliste avant d'être écrasée.

Similarly, the current Third Republic must choose between symbolic maximalism, which leads to weakening, and realism, which preserves the essentials: a territory, a people, a language, a culture.

De même, l'actuelle Troisième République doit choisir entre un maximalisme symbolique qui mène à l'affaiblissement, et un réalisme qui préserve l'essentiel : un territoire, un peuple, une langue, une culture.

This tension reveals a profound philosophical question: what is a state?

Cette tension révèle une question philosophique profonde : qu'est-ce qu'un État ?

Is it simply an administrative apparatus guaranteeing the security and material well-being of its citizens?

Est-il simplement un appareil administratif garantissant la sécurité et le bien-être matériel de ses citoyens ?

Or is it the repository of a collective memory, a historical identity, a national project that transcends generations?

Ou bien est-il le dépositaire d'une mémoire collective, d'une identité historique, d'un projet national qui transcende les générations ?

For Armenia, this question is all the more crucial given that the 1915 Genocide constitutes the founding trauma of the modern state.

Pour l'Arménie, cette interrogation est d'autant plus cruciale que le Génocide de 1915 constitue le traumatisme fondateur de l'État moderne.

Renouncing its recognition may gain more room for diplomatic maneuver, but it also risks losing the historical legitimacy that underpins the very existence of the

Renoncer à sa reconnaissance, c'est peut-être gagner en marge de manœuvre diplomatique, mais c'est aussi risquer de perdre la légitimité historique qui fonde l'existence même de l'État.

</span></p><p><br/></p><p> <strong>Conclusion: an impossible

</span> </p> <p> <br/> </p> <p> <strong> Conclusion : un équilibre impossible ?

</strong></p><p> <span>Armenia finds itself at a historic crossroads.

</strong> </p> <p> <span> L'Arménie se trouve aujourd'hui à un carrefour historique.

On one side, the path of geopolitical pragmatism, embodied by Pashinyan and supported by a handful of intellectuals, promises regional normalization, enhanced security, and economic development.

D'un côté, la voie du pragmatisme géopolitique, incarnée par Pachinian et soutenue par une poignée d’intellectuels, promet une normalisation régionale, une sécurité renforcée et un développement économique.

On the other, the path of historical fidelity, championed by the opposition, most of the Diaspora, and a significant portion of the population, refuses any concessions on the issue of the Genocide, at the risk of perpetuating isolation.

De l'autre, la voie de la fidélité mémorielle, défendue par l'opposition, la majeure partie de la Diaspora et une partie significative de la population, refuse toute concession sur la question du Génocide, au risque de perpétuer l'isolement.

Perhaps the real question is not choosing between these two paths, but finding a balance.

Peut-être que la véritable question n'est pas de choisir entre ces deux voies, mais de trouver un équilibre.

An Armenian state that could normalize relations with its neighbors while maintaining an unwavering moral imperative regarding the recognition of the Genocide.

Un État arménien qui pourrait normaliser ses relations avec ses voisins tout en maintenant une exigence morale intacte sur la reconnaissance du Génocide.

A state that could rely on the Diaspora to champion this cause internationally, while focusing its diplomatic efforts on securing its territory and its people.

Un État qui pourrait s'appuyer sur la Diaspora pour porter cette cause au niveau international, tout en concentrant ses efforts diplomatiques sur la sécurisation de son territoire et de sa population.

This balance seems unattainable today, given the intense pressure from Turkey and Azerbaijan, and the profound traumas of 2020 and 2023.

Cet équilibre semble aujourd'hui hors de portée, tant les pressions turques et azerbaïdjanaises sont fortes, tant les traumatismes de 2020 et 2023 sont profonds.

But Armenian history, marked by catastrophes and rebirths, teaches us that a people can survive the worst trials if it preserves what is essential: its memory, its language, its culture.

Mais l'histoire arménienne, jalonnée de catastrophes et de renaissances, enseigne qu'un peuple peut survivre aux pires épreuves s'il préserve l'essentiel : sa mémoire, sa langue, sa culture.

The question remains: will the current Armenian state be able to carry on this legacy, or will this responsibility fall, once again, to the Diaspora?

La question demeure : l'État arménien actuel sera-t-il capable de porter cet héritage, ou bien cette responsabilité reviendra-t-elle, une fois de plus, à la Diaspora ?

The answer to this question will determine not only Armenia&#39;s geopolitical future, but also the very nature of what it means to be Armenian in the 21st</span> <sup>century</sup>

La réponse à cette question déterminera non seulement l'avenir géopolitique de l'Arménie, mais aussi la nature même de ce que signifie être arménien au XXI </span> <sup> e </sup> <span> <span> siècle.

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